Un plan de sauvegarde du cinéma Voltaire existe…
Publié le 3 mars 2026
Alerté par l’accélération de la chute de la fréquentation du cinéma Voltaire qui allait passer sous la barre des 80’000 spectateurs en 2025, le 10 septembre 2025, Pierre-Marie Philipps a proposé au maire de Ferney un plan d’urgence de la fréquentation pour sauver l’établissement. Celui-ci n’a jamais répondu.
A l’écoute et en discussion permanente avec David Marguin depuis des années, Pierre-Marie (alors encore Maire Adjoint) avait déjà proposé dès 2023 un dossier fondé sur la loi Sueur, qui permet à une collectivité d’apporter un soutien financier à une entreprise culturelle.
Il aura fallu dix-huit mois pour que le maire accepte enfin de soumettre une délibération sur cette aide. Première déception : Pierre-Marie Philipps proposait un soutien de 50’000€ par an. Le montant voté s’est limité à 20’000€.
Pour justifier cette réduction, le maire (en conseil municipal) a invoqué la nécessité de « faire en fonction des moyens ». Il n’existe évidemment pas d’ »argent magique » en matière de finances publiques. Mais le coût culturel, social et de rayonnement pour Ferney-Voltaire qu’entraînerait la perte du cinéma Voltaire serait, lui, sans commune mesure avec l’effort demandé.
Pourquoi 50 000 € ? Parce que cette somme correspondait au loyer du cinéma d’avant le Covid. A peine l’aide votée que le maire s’était empressé de faire une photo façon “tombola”, très médiatique. Finalement, peu d’argent… mais une belle image.
En 2025, l’aide a été votée en mars lors de l’adoption du budget. Pourtant, il a fallu attendre décembre pour qu’elle soit effectivement versée. Entre-temps, David Marguin avait annoncé son intention de vendre son établissement, ce qui semblait servir de prétexte pour différer (voir annuler) le paiement. Il a fallu l’intervention d’Étienne T’Kint de Roodenbeke pour débloquer la situation.
Cela n’a évidemment pas empêché Monsieur le maire d’organiser une nouvelle séance photo. “Tombola, deuxième édition”.
Ces mises en scène sont dérisoires face aux défis réels auxquels le cinéma Voltaire est confronté
Avant même d’envisager un nouveau lieu — engagement ferme de notre liste — l’urgence est de stabiliser puis relancer la fréquentation. Et c’est possible! C’est dans cet esprit que Pierre-Marie a proposé, dès septembre 2025, un plan d’urgence face à la chute accélérée du nombre d’entrées.
En effet, si la fréquentation descend en dessous de 80 000 spectateurs par an, le cinéma risque de perdre certaines sorties nationales ainsi que des aides du CNC. Il était donc impératif d’agir.
Ce plan, transmis le 10 septembre 2025 à la mairie, n’a à ce jour jamais été appliqué. Le maire n’a même pas accusé réception de la proposition. Ce plan n’est pas une requête en l’air, c’est un travail de fond, basé sur des échanges avec la cité scolaire internationale, avec les acteurs culturels de Ferney, avec les associations culturelles et sportives, avec l’association Culture et Cinémas et avec les commerçants… Il est toujours applicable. Si nous sommes élus le 22 mars, nous appliquerons dès le mois d’avril.
Preuve supplémentaire, s’il en était besoin, que le sort du cinéma Voltaire n’est manifestement pas une priorité pour la municipalité sortante.
En 2025, la fréquentation du cinéma Voltaire s’est finalement établie à 71 500 spectateurs.
Par souci de transparence, nous publions ce plan tel qu’il a été adressé à la mairie.
Ferney, le 10 septembre 2025
Monsieur le Maire, cher Daniel,
Cher David,
Chère Khadija, Cher Stéphane et Eliott,
A la veille de votre rencontre, et après avoir échangé avec David surtout, Stefano, touché un mot à Daniel, discuté avec des partenaires potentiels, je vous fais part de quelques pistes qui pourraient nous aider à contrer la chute vertigineuse de la fréquentation du cinéma d’ici à la fin de l’année.
Ces quelques lignes n’abordent pas l’aspect structurel du problème que nous connaissons tous et se concentre uniquement sur la fréquentation. Comme vous le savez, le contexte national du cinéma est morose… Et chaque fois qu’au niveau national, la fréquentation baisse… à Ferney elle s’effondre ! Si la fréquentation 2025 reste sur la tendance actuelle, le déficit pourrait atteindre 15 000 à 20 000 spectateurs d’ici fin décembre, ce que vous confirmera David demain. Or, les seuils du CNC (80’000 pour le Cinéma Voltaire) se calculent en année civile : il nous reste très peu de temps pour réagir.
Le risque est double :
- Perte de l’agrément CNC, donc perte de financements et d’accès aux films majeurs.
- Décrochage financier et concurrentiel, avec à terme une menace pour l’existence même du cinéma, alors que l’ouverture des trois salles de Gex accentuera encore la pression dans quelques mois seulement.
J’aimerais d’abord m’assurer que la subvention 2025 de 20 000 € au titre de la loi Sueur a bien été versée? Elle est essentielle au fonctionnement du cinéma. Mais à elle seule, elle ne permet pas d’attirer du public : il nous faut agir immédiatement, et collectivement. Daniel, pourras tu nous le confirmer?
Je propose un plan de relance articulé autour de sept leviers :
- Les commerçants locaux, partenaires prioritaires
Nos petits commerçants souffrent eux aussi d’un contexte difficile, accentué par la concurrence d’internet, la perte d’attractivité locale et les travaux de pose du réseau de chaleur. Associer leur relance à celle du cinéma est parfaitement logique.
→ Pour chaque achat de 30 € dans un commerce partenaire, le client reçoit un coupon cinéma à demi-tarif. La différence serait compensée par une enveloppe communale spécifique plafonnée (ex. 5 000 € pour 1 000 transactions). - Nos écoles, le collège et le lycée : 4 000 élèves concernés
Convaincre directeurs, directrices et proviseur d’inscrire une ou plusieurs sorties cinéma dans leurs projets pédagogiques de l’automne (il faut agir vite…). - Le conservatoire de musique et de danse (700 élèves)
Cycles “Cinéma & Musique” et “Cinéma & Danse”, précédés de prestations d’élèves, ou de professeurs pour mobiliser élèves, familles et proches. - La médiathèque
La médiathèque, très réactive et proche de son public, peut facilement orienter ses nombreux abonnés vers le cinéma. Elle pourrait mettre en avant une sélection de films projetés en salle, y compris en marge de son salon Livres en Lumières de fin novembre (dont la programmation est sans doute bouclée). Ce partenariat permettrait de croiser les publics sachant que la médiathèque conduit déjà une action « cinématographique » en lien avec le F5C. - Les associations sportives et culturelles
Avec plusieurs centaines de licenciés, elles peuvent mobiliser largement. La période de Toussaint, propice aux stages sportifs, est idéale : chaque stage pourrait inclure une séance cinéma à tarif négocié.
→ Quelques exemples avec des associations que j’ai contacté : Rugby : Invictus, Mercenaire, Football: Looking for Eric, Bend it like Beckham, Les Seigneurs, Tennis de table : Top Spin, Ping Pong Summer, Hip-hop et breakdance Skillzoo : Beat Street, Wild Style, Rize, avec démonstration live des danseurs. - L’association du personnel communal et les entreprises locales
Mobiliser l’APC pour organiser une ou plusieurs soirées spéciales au cinéma (évitons néanmoins le film Les municipaux ;-). Donner l’exemple d’une participation active de la ville (220 agents), sensibiliser au passage nos agents, qui sont un relais potentiels des politiques que nous menons.
→ Suggestion à David : relancer les comités d’entreprise de Leclerc et Carrefour, les deux plus gros employeurs de la commune. L’association du Personnel du CERN peut aussi (re)devenir un partenaire précieux. La commune entretient de bonnes relations avec le CERN, nous pouvons surement aider si besoin. Des carnets de places à tarif préférentiel (et à échéance de la fin d’année) pour leurs salariés peuvent générer rapidement plusieurs centaines d’entrées. - Communication et fidélisation
Communication positive et festive, signalétique “Partenaire du cinéma” chez les commerçants, relais presse et réseaux sociaux réalisée par la ville.
→ Fidélisation par une remise de -20 % sur une nouvelle séance proposée par David, utilisable avant le 31 décembre.
Ce plan requiert un pilotage clair et immédiat. Il est indispensable de désigner sans tarder un porteur opérationnel — qu’il s’agisse du service communication ou du service culturel — afin de coordonner l’ensemble des partenaires, d’assurer la réactivité et de déployer la campagne sans délai. J’ai pleinement conscience de l’énergie que cela demandera particulièrement à David, mais je suis convaincu que la dynamique que nous pouvons enclencher autour de ce plan de relance de la fréquentation t’apportera à la fois soutien et enthousiasme.
Enfin, je veux lever toute ambiguïté dans le contexte préélectoral : cette proposition n’a rien à voir avec 2026. Elle ne doit pas être instrumentalisée, et je ne me servirai pas de son historique si elle est portée collectivement. Le seul but est de sauver notre cinéma, sans calcul politique.
Pour conclure sur une note positive : le succès de cette opération de mobilisation peut être l’occasion d’inscrire durablement une action annuelle, un temps fort de “cinéma en automne”, comme complément efficace aux festivals qui se sont raréfiés. Cela permettrait aussi de réinscrire plus fortement le cinéma dans la politique culturelle de la ville, telle qu’elle avait été pensée il y a plusieurs années par Khadija, et de lui redonner toute la place qu’il mérite dans la vie culturelle et sociale de Ferney.
Amitiés,
PM


